qui
a connu la rue
ce
qu'elle est de souffrance
ne
se peut plus miroir d'une chambre à
hanter
une
chambre
il
la hurle
*
qui
a connu la rue ne connaît plus que
ça
un
horizon blessé façades
décorées
l'immense
à chaque pas du chemin
vertical
qui
ignore de la rue ce qui est de vos
rues
et
qui sait de la rue de la savoir de chair ce
qu'elle est d'avenir d'un
simple
là
sourire
*
qui
a connu la rue a connu,
effrayé,
ce
regard qui l'évite à peine
entr'aperçu
ce
regard qui l'emporte
et
l'oubliera,
perdu
à
quelques pas de là
à
quelques yeux perdus
*
qui
a connu la rue ne sait plus que
marcher
avancer
avancer
avancer
avancer
avancer
malgré tout
mensonge
lâcheté
avancer
malgré nous
mensonges
lâchetés
*
qui
a connu la rue a connu mains de
sang
qu'il
a tendues trop tard pour relever
l'ami
cette
main qu'il tendra sans jamais
l'essuyer
qui
coulera la rue sans jamais
s'arrêter
*
qui
a connu la rue a connu la folie
les
lentes nuits traînées d'un rempart
à un autre
les
poings qui se déchirent à
fracasser le ciel
et
les poings qui s'effondrent dans la boue qui les
couvre
*
qui
a connu la rue le regard qui s'ose à
hauteur son regard se baisser et se
taire
a
vu dans ce regard tellement de
détresse
se
lève, tend la main,
s'y
tait ce qui l'oppresse
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